Ces choses que l’on ne dit pas sur un blog

Je vais vous dire quelque chose, moi. J’ai un peu de mal à écrire sur mon blog, parfois. Je me sens un peu piégée quelque fois. Je raconte tout et rien, ici. Mais surtout rien, en fait. Au début, je crois que j’hésitais moins. Je n’avais pas peur, je n’avais pas de gêne, je pouvais parler de sujets aussi intenses que mon épilation de maillot, que le mec ramené chez moi la veille, l’engueulade terrible avec untel ou encore la soirée démentielle avec machin truc. Je le faisais parce que je pensais que personne ne lisait, de toute façon. Et peu à peu, au fil du mois, j’ai croisé des connaissances, des amis, des potes, qui à chaque fois me disaient « hey au fait tu me fais trop rire sur ton blog, je lis tous tes articles ». En mettant ça bout à bout, j’étais plutôt contente. C’est toujours plaisant de faire rire les gens. Mais ça m’a semblé un peu chelou en fait. De voir que des personnes que je vois très rarement, finalement, connaissent un peu ma vie instant par instant, sans que je leur ai moi-même raconté. On se prend un peu au piège dans ce genre de truc. Souvent, je me suis surprise à dire à un ami « Comment ça tu savais pas? Mais je l’ai dit sur mon blog pourtant… » Bref, les choses sont devenues bizarres, non? Du coup, je prends un peu de recul. J’essaie de m’en tenir ici aux anecdotes de la vie quotidienne, aux articles de psychologie de comptoir, aux photos de chaussures et à la bonne humeur, surtout. Je ne veux rien raconter de trop personnel. Ca me frustre, de temps en temps. D’avoir fait connaître autant mon blog auprès de mes proches et donc de ne pas pouvoir l’utiliser comme défouloir quand quelque chose me tracasse. Mais finalement, j’ai appris à l’utiliser autrement. J’ai appris à fonctionner autrement aussi. Je me prends la tête sur mon blog, dans la vie et chaque jour, pour des choses futiles et bêtes. Et je le fais exprès. Je fais exprès de me plaindre lorsqu’un magasin n’a plus de pointure 38 dans ma paire d’escarpins préférés, je fais exprès de me lamenter lorsque je pensais avoir commandé des canettes de Coca Zéro de 33cl et que je reçois en fait des mini-canettes comme les canettes toutes pourries qu’on a dans l’avion et je fais exprès de me prendre la tête pour savoir où je vais placer ce putain de vase et cette saloperie de coussin (mais je fais pas exprès d’être vulgaire, par contre…). Bref, si je me plains pour des choses aussi inutiles, c’est parce que ces choses là ne me font pas de mal et ne m’en feront jamais. Ca me permet de me focaliser sur des choses légères. Et au final, je ne pense plus aux choses graves. Je fais un peu l’autruche. J’attends qu’elles me rattrapent et je fuis aussi loin que possible en m’accrochant au quotidien léger.

J’ai une carapace recouverte de petites conneries superficielles et non intelligibles, mais au moins, elle me protège bien.

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